littérature·Rencontres

Rencontre avec Sylvain Tesson

Voici quelques notes prises lors de la rencontre de Sylvain Tesson avec ses lecteurs à Strasbourg le 29 octobre dernier

L’écouter est passionnant.

Pardon d’avance pour ces notes qui ne rendent pas toujours honneur à la fluidité de sa pensée.

Lao Tseu enjoignait de détecter les formes de l’invisible dans le réel.

Nous sillonnons sous le regard de bêtes que nous ne voyons pas, nous sommes scrutés en permanence.

Si je n’avais pas croisé la Panthère, j’avais tout un appareil de sagesse orientale pour renoncer à cette rencontre.

Mais pour tout vous dire, j’avais envie de voir l’objet de mon désir et la combinaison de Krishna, Bouddha et Lao ne m’aurait pas suffi, je suis un occidental mené par son cortex.

La panthère chatoie, ondoie et prend la forme du paysage dans lequel elle évolue. C’est de la magie absolue, l’expression du divin dans le réel comme le disaient les surréalistes.

[Son Fernweh, nostalgie des lieux où l’on n’est pas allé] :

Le Chang Tang, grand comme la France et où circulent panthères, ours et loups, m’attire pour des raisons esthétiques , c’est un paysage lugubre et désolé, fantomatique.

Et je n’irai jamais, j’en suis nostalgique.

Le pateau tibétain ressemble à la steppe semi-aride, il est exposé aux ultraviolets, au froid et au vent.

Toute la chaîne alimentaire y est représentée.

Le principe vital originel est conservé même là où les conditions sont extrêmes.

Quelle énergie, quelle force, quelle noblesse !

Ce voyage m’a appris à attendre, parfois

une quarantaine d’heures immobilisé dans le silence absolu.

Au début j’ai crains le pire.

Et puis il se passait finalement des tas de choses !

Les animaux et les hommes sont tout à fait proches dans leurs simagrées et leurs singeries.

Nous avons entendu chanter les loups.

Il y a à chaque fois la promesse de la rencontre fugace qui finit par valoir cette attente et ces désagréments.

C’est une école de l’oubli de soi.

Je n’ai aucun jugement sur nos sociétés connectées. Mais l’affût est à l’opposé, au rebours de cette proposition de silence et d’attente, du merveilleux, du chatoyant.

Nous voulons tout tout de suite.

L’affût propose le « peut-être rien jamais » qui donne un surcroît à la vie.

Je préfère le pas de côté au retour en arrière et j’aime les chemins de traverse.

Prochain projet :

Retourner avec Munier faire des affûts.

C’est un art et un mode de vie

Nous irons dans le Mercantour.

A noter :

Sylvain Tesson part en janvier avec une équipe militaire pour explorer le massif du Fitz Roy dans le sud de la Patagonie.

Les sommets survolés par la ligne aérienne reliant l’Europe au continent sud-américain et notamment l’Argentine ont chacun donné leur nom à des figures héroïques de l’Aéropostale : Mermoz, Guillomet et St Exupéry.

À lire aussi, mon avis sur La Panthère des neiges

Chez Gallimard

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