littérature·VLEEL

Badroulboudour – Jean-Baptiste de Froment

Mille et un tours du destin

Connaissez-vous Antoine Galland ?
Probablement que non… comme le suppose le narrateur du roman de Jean-Baptiste de Froment dont le personnage principal porte aussi ce patronyme.

Il se trouve que par un hasard tout littéraire je connaissais Antoine Galland et que la mention de son nom dès la 1e page m’a aussitôt interpellée.
Aucun mérite, ce n’est dû qu’à ma boulimie de lecture depuis l’enfance, période pendant laquelle j’ai assidûment fréquenté les Mille et Une Nuit. J’ai ainsi croisé sur la page de couverture la mention de ce célèbre traducteur du XVIIIe siècle…
Enfin célèbre… tout est relatif… (et on n’a bien que les célébrités qu’on se choisit et les miennes ne répondaient à aucun code) au point que j’avais érigé Antoine Galland en star de mon enfance, celui qui avait réussi à me transmettre depuis un Orient lointain et disparu les pages les plus merveilleuses que j’aie pu lire alors.

Mais un mythe s’effondre à la lecture de ce roman : l’auteur nous y apprend l’imposture de ce personnage et la possibilité que cette célébrité soit usurpée.
Je ne vous en dis pas plus si ce n’est que c’est précisément ce qui m’a plu dans ce roman, la capacité de l’auteur à transformer un épisode réel pour s’en jouer, en l’associant à une histoire de pure fiction.

Mais reprenons… Antoine Galland est ici l’un de nos contemporains, un être quelque peu malmené par la vie : quitté par sa femme, il se retrouve dans un club de vacances en Égypte, le Kloub, dans lequel on lui propose un étrange jeu… Il lui faut retrouver la femme idéale, la célèbre Badroulboudour du conte d’Aladin qui incarne cette perfection…
Son homonyme du XVIIIe siècle fait alors son apparition sous une forme inattendue et c’est l’occasion d’un chassé-croisé drolatique et enlevé.

Si j’ai été moins convaincue par la fin du roman, j’ai beaucoup aimé que la dimension historique et l’imagination rivalisent de rebondissements ingénieux.
J’ai apprécié par-dessus tout la réflexion sur la magie qui peut-être considérée comme

une facilité narrative ou au contraire une ouverture d’esprit vers des mondes inconnus ; j’ai aimé aussi la satire du pouvoir qui affleure plusieurs fois.

Badroulboudour, loin d’un Orient disneylandisé, reconstruit à partir des Mille et Une Nuit une fable moderne sur un ton drôle et décalé. Et le lecteur passe un excellent moment.

Publié Aux Forges de Vulcain

Jean-Baptiste de Froment et son éditeur David Meulemans nous avaient fait le grand plaisir de venir à Rouen, à l’Hôtel littéraire Gustave Flaubert, pour une rencontre VLEEL réelle et doublée d’une visio zoom. Échange passionnant dont vous pouvez trouver le compte-rendu sur le site VLEEL

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