Femmes de lettres à l’honneur·littérature

De pierre et d’os – Bérengère Cournut

Beauté arctique

Vivre sur la banquise comme le peuple des Inuits, c’est être le trait d’union entre la voûte céleste scintillant d’étoiles et l’étendue glacée de la banquise.

C’est faire corps avec les éléments, la mer, le ciel éclairé parfois d’une aube verte, les montagnes qui se dressent dans leur minéralité, le vent à l’haleine glacée, la brume opaque et la neige.

C’est vivre en communauté pour lutter ensemble contre la fragilité de l’existence et les menaces naturelles, chasser et pêcher pour assurer la subsistance du groupe, se protéger des esprits tout en leur consentant quelques doléances.

Comment survivre quand on se retrouve seul dans un environnement aussi extrême ?

Et quand on est une toute jeune femme désignée par le destin pour être séparée des siens ?

Une nuit de lune, alors qu’Uqsuralik et sa famille se reposent sous un dôme de glace, la banquise se fracture, les éloignant à jamais les uns des autres.

La jeune femme a-t-elle les ressources suffisantes pour affronter l’adversité, menacée par l’engloutissement dans les eaux glaciales, la chute dans une crevasse ou la faim qui très vite la tenaille ?

Ce roman est un récit initiatique : Uqsuralik, confrontée aux pires épreuves de la survie, doit trouver en elle la force de poursuivre seule son chemin. Son parcours constitue la matière du récit et lui imprime une beauté sauvage et une infinie grâce.

Ce roman est une ode à la nature, une longue mélopée ponctuée de chants pour dire les joies comme les douleurs d’être au monde.

Bérengère Cournut excelle à décrire les variations du climat autant que les émotions de la jeune femme qui lutte pour tenir.

Ce que j’ai aimé par-dessus tout, c’est que ce beau texte poétique met en scène la naissance d’une femme libre et indépendante, forte face aux épreuves, que la tentation de se laisser glisser dans une crevasse pour en finir taraude une fois ou l’autre mais qui reste animée d’une farouche envie de vivre.

« Les femmes puissantes

Encourent d’abord

Tous les dangers.»

Aux éditions du Tripode

2 commentaires sur “De pierre et d’os – Bérengère Cournut

  1. J’ai été l’une des rares à être déçue… trop peu de pages pour toute une vie et je n’ai pas réussit à apprécier le personnage, à faire miens les mots de B. Cournut. Mais on découvre un monde, c’est vrai.

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  2. Moi aussi j’ai été déçue, je n’ai pas trouvé l’écriture poétique mais assez « froide » et distante, je n’ai pas réussi à m’intéresser à l’héroïne par contre j’ai beaucoup aimé le rapport aux femmes, leurs relations et surtout la découverte du chamanisme dans le monde polaire 🙂

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