littérature

Douce – Sylvia Rozelier

J’ai lu d’une traite ce beau roman, j’y ai reconnu les signes d’un amour sans issue, d’un amour qui donne pourtant le sentiment de frôler les sommets, celui qui procure un état d’éternité, autant qu’il annonce la chute brutale et fatale.

Placé sous le signe de la passion absolue dans la lignée de Tristan et Yseult, deux amants ensorcelés, il nous promet « un beau conte d’amour et de mort ». La référence est glissée dès les premiers chapitres…

Mais nous savons tous que la passion est une fusion vouée à la souffrance voire à la mort, et le lecteur comprend d’emblée que Douce l’héroïne n’en sortira pas indemne… Le compte à rebours vers la désintégration est lancé.

« Notre amour narcissique et destructeur, un narcotique puissant contre lequel je ne possédais pas l’antidote. La passion, une drogue plus forte que les déceptions, les rêves, les promesses, l’orgueil et les blessures. Addiction rapide. Cure de désintox inutile. Rechute à répétition. »

Ce roman n’explique pas l’inexplicable… il donne à voir le mécanisme puissant qui se met en place dans cette relation entre un homme-loup, prédateur, séducteur et menteur, et sa proie, pourtant avisée et mise en garde mais qui s’engouffre consentante et passionnée dans cette relation… plus de 7 années durant.

Cet amour, c’est une construction, « nourri[e] à l’imaginaire amoureux », sur laquelle « la réalité n’[a] pas de prise », qui s’inscrit dans une géographie parallèle, ancrée dans des lieux pourtant existants mais absolument hors du temps, et parfois même créés de toute pièce, à l’image de ce lit-nuage surmonté d’ailes d’ange et autres fanfreluches, érigé comme un autel où se donner en sacrifice….

« Comment fait-on le deuil de l’immortel, d’un amour « plus fort que la mort, plus fort que nous, Douce » ? Le deuil de quelque chose d’irréel, de ce qui ne veut, ne saurait mourir ? »

Comment revenir des sommets, de ces hauteurs, de ces cimes magnifiques et terrifiantes ?

«Il ne reste plus qu’à se jeter d’en haut. Dans le vide. Qu’à chuter.»

C’est terriblement bien écrit, tragiquement vraisemblable.
Bravo pour ces pages sous haute tension.

Aux éditions Le Passage

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